Dimanche 20 septembre 2009
Je m'excuse de moins mettre à jour le blog mais je n'ai plus vraiment le temps ... avec ce petit flash back.





VIENNE

1503

  La pleine lune entrait dans le Lion, signe de sa naissance, et, comme animé par la main de Dieu, son incandescence découpait parfaitement la vallée alpine en ce qui était lumière et ce qui était ténèbres, et la lumière éclairait le chemin menant les démons vers sa porte. Il était issu de la noblesse Viennoise, à cette époque il ignorait encore tout des intrigues politiques et des conflits religieux de ce monde. Pourtant, les murmures d'un empire en déclin se faisaient entendre tout autour de lui, comme une ombre déjà si menaçante au dessus de son berceau de lin et de soie. On l'élèvera en bon chrétien, dans un monde où il devra bafouer la plus part des principes qu'il aura pu lire dans la bible, dans un monde où il apprendra que rien n'est pire qu'un Turc, et dans un monde où un seul homme pouvait parler à Dieu au nom des autres. On lui enseignera les langues nobles ; le français et le latin ; la musique et comment l'apprécier ; les bonnes manières et l'art héraldique ; les bonnes lectures. Puis on l'enverra dans une école pour officiers où il fera ses premières armes. Il connaitra alors les malheurs de la guerre et la souffrance, et il sera heureux de retrouver ses enfants et une femme qu'il n'aimera point après avoir vu autant de mal.


VIENNE
1525

  Friedrich s’éveilla dans l’obscurité précédant l’aube, le cœur battant comme un oiseau farouche dans sa poitrine. Il enfila des bottes et ses chausses, silencieusement, prit du bois et ranima les tisons roses pâles du foyer, pour que sa chaleur accueille les filles quand elles se lèveraient. Sa démarche était chaloupée, à l’instar des marins.
  Les portes enchâssées de verre de la chambre qui surplombait les jardins, étaient ouvertes, laissant une légère brise rafraîchir l'atmosphère ambiant. Les Hasbourg de Vienne, parents lointains de sa propre famille, avaient réussi à lui offrir leur fille en mariage. Petite laideron d'une vingtaine d'années, grasse au possible. Ce corps si repoussant avait au moins le mérite de se vouloir solide, Friedrich se disait que s'il fallait ce genre de créature pour avoir des enfants en bonne santé et une entrée à al cour.. Une branche mineure des Hasbourgs valait mieux que toutes les gueuses de Vienne.
Il tourna les talons pour embrasser sur le front les deux jeunes filles qui dormaient encore dans le lit, puis passa la porte sans un son. Friedrich franchit une double porte en bois blanc, et la laissa ouverte pour disparaître à l’extérieur. Il ne pouvait voir qu‘à quelques pas au début, mais ses yeux s’habituèrent bien vite à l’obscurité et il réussit finalement à sortir de la maison. Le mariage promettait d'être festif.

  La pluie qui était tombé le jour du mariage avait selon les invités béni ou maudit ce mariage. Enfin de compte Friedrich s'en fichait. La cérémonie fut fastidieuse plus que fastueuse, nombre d'invités n'étaient pas venu, et seule une famille très proche des deux époux avaient osés bravé le temps pour voir s'unir une noblesse décadente, la haute noblesse de Vienne n'avait sans doute même pas eu vent de cette union, c'était une branche plus que mineur des Hasbourgs, sans importance, sans intérêt. L'une en mal de titre, l'autre en mal d'argent. Friedrich avait néanmoins compris que leur fille n'avait pas trouvé meilleur preneur, il suffisait de voir son âge pour en juger. La soirée avançait, l'angoisse de consumer le mariage avec. C'est sur les coups de minuit que les invités embarquèrent les deux jeunes mariés dans la chambre nuptial du château qui avait été soigneusement préparée par une armée de servantes attristées de voir leur meilleur amant se caser avec une noble rondouillard à qui elles devaient désormais obéissance. La porte de la chambre fermée, une nuée d'oreilles curieuses vint se coller à la porte, comme pour vérifier du mieux que leur permettaient la bienséance et la pudeur que le mariage allait être consommé dans l'heure. Friedrich réalisa très vite qu'il n'avait plus ici à faire à une jeune fille en fleur svelte et pleine de passion, fougueuse et exploratrice, mais à une femme déjà faite qui devait tout comme lui, subir cette union imparfaite. Il semblait néanmoins qu'elle le désirait. Lui qui aimait les longs préliminaires il se jeta sur elle sans attendre, il eut même l’impression que son esprit s'extirpait de ce corps pour avoir une vision d’ensemble sur la chose, comme s’il allait regardait deux animaux s’accoupler. Il voyait un homme presque violent humidifier ses parties puis se contenter de défaire les bas de la femme pour faire son affaire. La grosse hurlait comme une truie. Il imagina les personnes derrière la porte rigoler ou s’indigner, mais ce lui fut égal, il avait au moins accompli son devoir, puisqu’en moins de cinq minutes, l’affaire était réglée. On exposa alors fièrement un drap rouge en félicitant le marié.


VIENNE
1526

  Environ un an après le mariage, l'évènement tant attendu eut lieu. C'était dans la violence qu'avait été conçu l'enfant, ce fut dans la violence qu'il émergea de sa mère qui pendant près de treize heures hurla. Avant même qu'il eut apparu, tous pensaient que tant de violence n'avait pu n'engendrer qu'un fils. Et pourtant les cris s'arrêtèrent, plus un son ne parvenait de la chambre. Friedrich s'y précipita et découvrit avec stupeur et effroi sans femme allongée insconsciente sur le lit et le médecin qui fessait le jeune bébé pour qu'il pleure ; mais rien. La mère et le bébé étaient morts. Il sortit en hâte de la demeure, prit tout son argent et quitta la ville pour n'y revenir que 3 ans plus tard.

Par Yseut - Publié dans : Nouvelles historiques - Communauté : LA VITRINE DU LIBRAIRE
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Dimanche 6 septembre 2009
Ah la rédaction se fait longue ... mes idées sont nombreuses, le temps et l'envie d'écrire désertent pourtant ... que faire ? Ou aller ? Loin de moi l'idée d'abandonner, je me contente actuellement de beaucoup lire. Le Prince de Machiavel est dans mon programme, très chargé, de lectures ...

Pourquoi une introduction assez longue ? Pour expliquer le fait qu'il n'y est rien de nouveau depuis fin août ... Me revoilà donc, avec cette fois, à la place d'une nouvelle, un poème en prose à la manière de Ponge. Passionnant ? Allez savoir, il faut connaître l'auteur pour en comprendre l'intérêt j'imagine. Bonne lecture.



 

 

 

Le Parapluie

 

 

  Ingénieuse invention ancestrale, il n’est pas rare d’en voir éclore quand la pluie commence à s’abattre. Il nous domine de son chapeau aux formes si diverses : arrondi, plat, bombé ; aux couleurs si changeantes, celles qui attirent notre œil ou celles qui le reposent : bleu, jaune, noir, marron, rouge … un éventail de couleurs tourbillonnant. C’est également sous cette grande toile imperméable qu’on aime se cacher, se blottir, comme protégé d’un quelconque ennemi du ciel. Son mât robuste peut être de bois, de plastique ou de fer, parfois droit, souvent arrondi pour permettre une meilleure prise en main, il est le porteur de l’ingénieux système des baleines qui se courbent ou se déploient  par l’intermédiaire d’un anneau coulissant. Malgré cette mécanique, certaines gouttes peuvent parvenir à passer en deçà, et l’on se retrouve mouillé à cause d’un vent trop bas, trop fourbe pour affronter le sommet protecteur.

 

  Le parapluie n’est point pleutre, il nous protège des intempéries sans broncher, résiste tout au long du chemin, s’inclinant sans jamais rompre, quand bien même il se retrouve heurté par un vent arrière trop fort qui l’oblige à se retourner. Une fois à l’abri, on le retrouve jeté devant la porte ou tapi dans le noir d’un placard, attendant la prochaine pluie ou la prochaine mousson. Fermé comme il était bien avant l’averse, redevenu cet objet banal, presque encombrant.

Par Yseut - Communauté : Plaisirs d'écrire
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Mardi 25 août 2009
Bonjour !

Voilà quelques jours que je n'avais rien posté, oui ... par manque d'inspiration et d'envie ? Un peu, mais surtout à cause d'une écriture assez longue sur ce fameux Siège, je n'ai pas encore tout rédigé, mais j'ai pu remarquer que c'était déjà très long ! Donc autant vous séparer en petit bout le tout.

Bonne lecture à tous et à toutes !





   « Je n’ose croire qu’un Turc puisse être cruel au point de souhaiter plus de mal aux Chrétiens que les Chrétiens ne s’en font mutuellement. » Il s’agit d’une citation de l’humaniste Erasme de Rotterdam, déçu de voir que les royaumes chrétiens préféraient se faire la guerre plutôt que de chercher une entente reposant sur leur appartenance à une même civilisation. Les Chrétiens disposaient de peu de moyens pour s’opposer à la combativité de l’expansion ottomane : dans les premières décennies du XVIe siècle, les Turcs conquirent l’ensemble des Balkans et menacèrent le royaume de Hongrie. La bataille décisive eut lieu à Mohács le 29 août 1526. Les Turcs y remportèrent une victoire triomphale ; parmi les nombreux morts au combat figurait Louis II Jagellon, roi de Hongrie, qui périt noyé dans une rivière en tentant de fuir. L’époux de l’archiduchesse Marie de Habsbourg n’ayant pas d’héritier, l’archiduc Ferdinand d’Autriche, qui avait épousé une sœur de Louis II, revendiqua le trône de Hongrie. Mais les magnats dévoués à la cause nationale ne voulaient pas d’un Habsbourgeois pour roi et choisirent donc l’un des leurs, Johann Zápolya, qui chercha un terrain d’entente avec le sultan Soliman le Magnifique. Et de fait, il s’avérait que, dans les pays déjà conquis, le joug turc n’était pas si lourd à porter et les nouveaux suzerains respectaient même la foi chrétienne de leurs vassaux.
 
Sûr de sa victoire, Soliman le Magnifique n’entendait pas se contenter de la conquête de la Hongrie. Il voulait davantage : chasser les Habsbourgeois de Vienne et faire flotter le drapeau turc à l’étoile et au croissant sur la métropole du Danube.



VIENNE

Mai 1529

 

  « Place ! Place ! »

L’homme hurlait encore et encore depuis qu’il était arrivé devant la porte quelques minutes auparavant. C’était l’un des espions chargé de surveiller les mouvements d’armées dans les terres ottomanes. A cette époque, cent cinquante mètres seulement séparaient l’Empire Ottoman du Saint Empire, et Vienne semblait être devenue le bastion oriental défiant l’avancée des armées ottomanes vers les royaumes chrétiens. Les gardes l’avaient laissé passer après avoir vu le cachet sur la lettre, on l’emmena vers l’archiduc Ferdinand qui s’occupait de la ville et de ses faubourgs. Le messager s’inclina.

« Mon seigneur, une immense armée a quitté Constantinople pour assiéger et conquérir Vienne, Soliman est en marche. »

 

 

VIENNE, PORTE DE CARINTHIE

Début Septembre 1529

 

 

   Le comte Nicolas de Salm commandait dix sept milles Lansquenets, Friedrich était l’un deux. Leurs habits bariolés des plus vives couleurs ; les mille découpures de leurs manches, de leurs trousses et de leurs jarretières ; leurs corselets d'acier soigneusement fourbis ; les masses de plumes qui flottaient sur leurs chapeaux, témoignaient assez de leur coquetterie. C’étaient des soldats de métier, des mercenaires aux mœurs rudes, à l’attitude fanfaronne, méprisants les conventions sociales. Ils nourrissaient la passion des épaules larges et des hanches fines, provoquaient avec leur braguette en forme de pénis en érection, symbole d’une virilité sans faille, portant une longue pique. On avait également fait venir des arquebusiers espagnols, environ sept cent. Pour payer ces hommes, le Saint Empire avait fondu les trésors de l’église et battu monnaie de tout urgence. Mais à l’arrivée presque providentielle et in extrémiste de ces soldats, la population avait déjà fuit en grande partie la ville, convaincus qu’elle ne pourrait pas résister aux assauts ottomans, on comptait alors plus de soldats que de civils. Et lorsque que le vieux mercenaire passa les portes de l’ancienne muraille médiévale, renforcée à la hâte sous l’ordre de l’archiduc, une foule de curieux acclama leur arrivée. Le vieux briscard de presque 70 ans en profita pour gonfler son buste et lever la tête, Vienne devait être Rome, et lui, César. Malheureusement il n’entrait pas conquérant, mais prêt à être conquis, et ce n’était pas les renforts plus que tardifs qui devait arriver qui allaient pouvoir rompre un tel siège. Quatre ans plus tôt, à la bataille de Pavie, il avait abattu le destrier de François Ier de France, permettant ainsi la capture du roi. Le comte était aguerri au combat contre les Turcs. Plus les fumées dégagées par la poudre à canon étaient épaisses, plus il était à l’aise.

 

   Friedrich traversa la cour pavée à la hâte et arriva dans ce qui allait être sa demeure pendant le temps du siège, temps qu’il espérait le plus court possible. Sa chambre était au dernier étage d’une auberge, le confort était sommaire, mais le lit n’était pas rongé par les mites, les draps ne sentaient pas trop mauvais, et il avait de quoi faire sa toilette ainsi qu’un bureau d’où il ordonna immédiatement qu’on lui apporte papier, plume et encre. Il se fit porter un bain chaud où il se plongea avec plaisir. La pluie qui tombait sur Vienne était presque sans discontinu, et au printemps elle avait fait des dégâts considérables sur le terrain ; les cours d’eaux étaient en cru, la terre plus que boueuse.

  Le comte devait rejoindre le conseil de guerre, Friedrich allait le suivre. Il s’habilla pour l’occasion en se vêtant de sa superbe armure des forges de Nuremberg, où il logea l’argent qu’il avait dans sa braguette comme il était commun aux Lansquenets de le faire. Friedrich avait pour ordre, autre que de combattre, de noter dans un journal le déroulement du siège, il était l’un des rares lettrés de la bande et Nicolas l’aimait bien. A son inverse, lui était un jeune homme proche de la trentaine, aux épaules larges et solides, au corps meurtri par des années de service et aux membres fatigués par le voyage qu’il avait parcouru. Son visage était néanmoins resté intact, aucune blessure grave n’avait rien détérioré de son faciès charmeur, aux yeux verts et aux cheveux châtains. Il laissa sa pique, mais enfila son épée autour de la taille avant de sortir de la pièce.

Par Yseut - Publié dans : Nouvelles historiques - Communauté : Plaisirs d'écrire
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Samedi 15 août 2009
Voilà donc la nouvelle ! Comme dirait une amie "C'est meeeeugnooonh !"





  Voilà bien des années que mes yeux n’avaient pas croisés les siens, un tremblement compulsif faillit me trahir. Par chance c’était l’hiver, la doudoune monstrueuse que j’aimais à me trimballer sembla une nouvelle fois cacher les réactions de mon corps. Toujours est-il que devant sa porte, la question la plus idiote du monde se posa à moi. Comment allais-je dire bonjour ?  Devrais-je lui serrer la main comme tous les hommes le font, devrais-je faire la bise d’une manière féminine, lui baiser délicatement les doigts du bout de mes lèvres, l’embrasser sur la bouche de manière passionnel, frotter nos nez en souriant à la manière des Inuits, ou me contenter de me courber à la manière d’un japonais craignant le premier contact physique.

  Rien de tout ça en fait, j’avais seulement envie de le serrer dans mes bras, l’enlacer passionnément, pour sentir son odeur, sa chaleur. Ma tête sur son épaule, le nez contre son cou, respirant les effluves parfumés qu’il appliquait sur lui autrefois. J’avais seulement envie de communier à nouveau avec lui, la même âme dans un nouveau corps.

  Pourtant je restai passif, je ne bougeai pas. Je me contentai de dire le fameux bonjour d’un air bête et embarrassé, les joues rouges de honte et d’envies refoulées. Un silence puis un sourire. Je sentis sa main attraper la mienne naturellement. Et comme autrefois, il m’emmena vers son lit.

 

  Le couloir n’était pas grand et pourtant le trajet qu’il fallut parcourir était à ce moment précis aussi long et aussi étroit que les venelles que j’avais du traverser pour venir chez lui. L’arrivée dans la chambre fut un soulagement, et sans attendre il me déshabilla. Je m’écroulai sur le lit sans résister.

  Il m’embrassa et se fut la reddition de ma vertu, sans plus d’embarras. Un léger fourmillement m’envahi le haut du corps. Alors il s’arrêta et m’attira, hors d’haleine, le cœur affolé, giron contre giron, ouvrant en coupe ses mains pour recueillir mon visage si près du sien, me regardant dans les yeux. « Non ? »

« Si » chuchotais-je. 

 


Par Yseut - Publié dans : Autres nouvelles - Communauté : Communauté des plumiers
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Samedi 15 août 2009


B
onjour à vous ami(e)s lecteurs-ices- !

N'étant pas du tout satisfait par deux de mes nouvelles, en l'occurrence Lisa et Aveugle mon oeil, j'ai simplement et naturellement décidé de les supprimer. Ils faisaient d'une part "tâche" sur ce blog, et d'autre part, Lisa, me rappelle un texte, d'autres personnes ont eu le même sentiment de déjà vu en le lisant. Je préfère donc le supprimer.

J'imagine que vous comprendrez ce geste qui ne vise qu'à rendre plus agréable le blog.

A bientôt pour de nouveaux récits !
Par Yseut
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  • : Comme disait Ionesco : "Il faut écrire pour soi, c'est ainsi que l'on peut arriver aux autres.". Je vous propose ici des petites nouvelles historiques et fictives. Venez vous évader =).
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